


Vous l’avez sans doute lu ici ou là, à propos d’un réveillon ou d’un repas de mariage : vos proches ont « fait bonne chair ». Si cette orthographe paraît logique, elle est totalement erronée. Pour comprendre l’origine d’un terme, il convient de décortiquer son étymologie. Voyons ici pourquoi c’est « chère » et non « chair ».
Ma chère, veuillez faire bonne figure
Sans surprise, un mot latin se cache derrière tout ça. Pour comprendre la locution « faire bonne chère », il faut revenir au terme « cara », c’est-à-dire « visage » ou « figure » dans la langue de César. Et l’expression « faire bonne figure », vous la connaissez : il s’agit d’être aimable et de se montrer sous un jour favorable. Au Moyen Âge, il s’agissait aussi d’accueillir ses invités avec un sourire . « Faire bonne chère » est donc devenu synonyme de « partager un bon moment ». De là à parler de festin, il n’y a qu’un pas : un bon repas est, après tout, l’'une des meilleures façons d’engendrer la convivialité.
C’est ainsi que « faire bonne chère » a trouvé son sens actuel : manger bien et beaucoup. Et c’est vrai : traditionnellement, les festins français sont synonymes d’orgies de viande. Mais alors, on n’écrit jamais « faire bonne chair » ? Non, jamais. Mais selon certains linguistes, l’homonymie entre « chère » et « chair » a probablement contribué à ce glissement sémantique. Ce dernier remonterait d’ailleurs au lendemain de la guerre de Cent Ans, qui avait affamé les populations.



